2001, l’odyssée des mythes

Considéré de façon quasi unanime comme « le film le plus singulier de toute l’histoire du cinéma », 2001, l’Odyssée de l’espace avait à la fois stupéfait et déconcerté le public et les critiques lors de sa sortie en 1968. Beaucoup attendaient un film de science-fiction majeur qui puisse conférer sa juste place à un genre « mineur ». Mais ces presque trois heures d’images délibérément hypnotiques avaient embarqué les spectateurs dans un récit métaphysique ou les dialogues d’une curieuse banalité cèdent le pas à l’image, à la musique, à la réflexion, voire à l’introspection. C’est que, soutenu par un substrat symbolique rare, ce film devenu culte n’a, depuis, cessé de soulever des questions. Paul-Georges Sansonetti nous propose quelques clés.
par Paul-Georges Sansonetti

Avant Stanley Kubrick, les films de science-fiction en couleurs et soigneusement réalisés se comptaient sur les doigts d’une main. Citons La Guerre des mondes (1953), de Byron Haskin, d’après H. G. Wells, Les Survivants de l’infini (1955), de Joseph Newman et surtout Planète interdite (1956), signé Fred M. Wilcox, dans lequel intervient le thème prométhéen du pouvoir, offert par la science, de projeter la pensée sous l’aspect d’une créature invisible et meurtrière.

Si 2001 a suscité chez vous des émotions, touché votre subconscient, vos aspirations mytho logiques, alors le film a atteint son objectif.

Stanley Kubrick

Sûrement pas ce que souhaitait Arthur C. Clarke, auteur de la longue nouvelle, The Sentinel, dont s’inspire le metteur en scène. Un clash entre les deux hommes fut, du reste, évité de justesse. On le sait maintenant, Stanley Kubrick avait en tête un film fort différent. Une histoire qui, apparemment, suivait le texte de Clarke mais, secrètement, Kubrick sous-entendait un projet d’une toute autre tonalité que celle du scénario initial.

Auteur

Ancien chargé de conférences à l’École pratique des hautes études (Sorbonne) dans le domaine des religions comparées, des mythes, de la littérature et du cinéma, Paul- Georges Sansonetti est intervenu plusieurs années de suite au Festival du film fantastique de Gérardmer. Dans la lignée de René Guénon, ses travaux portent essentiellement sur le thème d’une « tradition primordiale » en tant que fondement du symbolisme et de l’ésotérisme. Outre des ouvrages sur l’herméneutique du Graal, ainsi que Les Runes et la signification primordiale (Exèdre, 2008), et Le Mystère de Matrix (Exèdre, 2005), sa dernière étude concerne les fameuses aventures de Tintin : Hergé et l’énigme du Pôle, l’incroyable face cachée de la plus célèbre bande dessinée (Le Mercure dauphinois, 2011).

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