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Karro Four­rey : « Big Mom est une person­na­lité névro­tique »

Dans Perspectives Par

Le terri­toire de Totto Land, admi­nis­tré d’une main de fer par les Pirates de Big Mom, reste l’un des endroits les plus secrets et recu­lés de la planète. Qui est Char­lotte Linlin, comment est orga­nisé son empire, comment survit sa popu­la­tion ? Autant de ques­tions que nous avons posées à Karro Four­rey, prési­dente de la Ligue Mondiale pour la Paix.

En ces temps trou­blés, le régime de l’im­pé­ra­trice pirate tente de soigner son image, notam­ment au moyen d’une propa­gande savam­ment entre­te­nue. Totto Land possède son propre jour­nal, le sinistre Totto Land News. Le GrandLine Times y est de fait inter­dit, puisque notre service de livrai­son News Coo est systé­ma­tique­ment pris pour cible à l’ap­proche de la zone d’in­fluence pirate.

Ce que l’on sait pour le moment de l’em­pire de Big Mom est maigre, mais les témoi­gnages recueillis ces derniers jours nous en apprennent énor­mé­ment, et des équipes du Cipher Pol sont actuel­le­ment en train d’in­ter­ro­ger l’en­semble des réfu­giés accueillis récem­ment par le Gouver­ne­ment Mondial. Qui est donc Char­lotte Linlin, la sinistre impé­ra­trice pirate Big Mom ? C’est ce que nous avons tenté de savoir en inter­ro­geant Karro Four­rey, experte en pira­te­rie et prési­dente de la Ligue Mondiale pour la Paix.

GLT : L’ima­ge­rie popu­laire voit souvent Big Mom comme une pirate sangui­naire et mons­trueuse. Mais quel est, concrè­te­ment, le profil psycho­lo­gique de Char­lotte Linlin ?
Karro Four­rey : Nous avons clai­re­ment affaire à une person­na­lité névro­tique, sans doute née de carences affec­tives dans l’en­fance. Nous en savons très peu sur elle, tout juste sait-on qu’elle a grandi sur l’île des Géants, Elbaf. Cette histoire est connue de tous les Géants : Linlin, alors encore enfant et déjà odieu­se­ment capri­cieuse, a de façon répé­tée causé d’im­por­tantes destruc­tions sur l’île. Il est aujourd’­hui connu que la pirate Big Mom et les Géants dans leur ensemble ne font pas bon ménage.

Beau­coup de réfu­giés ont confirmé que, hormis les Géants, de très nombreuses races coexistent à Totto Land…
C’est vrai, et c’est malheu­reux. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que Linlin règne sur son terri­toire comme une petite fille joue à la poupée. Comme l’en­fant qu’elle n’a jamais cessé d’être, elle vit dans un monde imagi­naire dans lequel elle pense que toutes les races peuvent coexis­ter. Elle prétend que la haine millé­naire que se vouent mutuel­le­ment les tribus des Longs-Bras et des Longues-Jambes n’existe pas. Elle efface de la réalité la si compliquée coha­bi­ta­tion des Humains et des Hommes-Pois­sons. Son terri­toire est à l’image de sa psyché : une prison aux murs couleur rose bonbon où, dans sa lubie, elle force à coexis­ter des popu­la­tions qui, le plus souvent, ne peuvent pas vivre côte-à-côte.

Vous dites que la psycho­lo­gie de Char­lotte Linlin est restée au stade de l’en­fance, ce qui tendrait à expliquer ses excès de rage incon­trô­lables. N’y-a-t-il pas de moyens, comme pour tous les enfants, de la « calmer » ?
Pour calmer les caprices de cette femme, il lui faut manger. Sans arrêt. Certains témoi­gnages font effec­ti­ve­ment état d’une fureur meur­trière lorsque Linlin ne parvient pas à mettre la main sur le plat qu’elle désire. Il exis­te­rait sur chaque île de l’ar­chi­pel Totto Land des ‘minis­tres’, un par ingré­dient. Chacun a pour seule et unique fonc­tion de produire et stocker l’in­gré­dient qu’il devra ensuite pouvoir four­nir à tout moment, quel qu’en soit le prix. Car, lorsque la pirate a faim, elle exige une recette bien précise et ordonne qu’on la lui prépare.

L’em­pire de Linlin est-il auto-suffi­sant d’un point de vue alimen­taire ? On parle de sous-alimen­ta­tion géné­ra­li­sée…
Tout à fait. La distri­bu­tion de nour­ri­ture est très régle­men­tée, et la quasi-tota­lité des vivres de l’ar­chi­pel est desti­née à Linlin. On sait que Totto Land, pour subve­nir à ses besoins, orga­nise des raids régu­liers sur diffé­rentes îles, parfois très éloi­gnées géogra­phique­ment, dans le seul but de piller des ressources alimen­taires. Des rançons sont égale­ment souvent exigées, sous peine de repré­sailles toujours sanglantes et extrê­me­ment sauvages.

Ce qui surprend le plus, lorsqu’on vous écoute, c’est le para­doxe total entre la descrip­tion que vous faites de Char­lotte Linlin, que vous décri­vez comme une sorte d’en­fant gâtée, et l’image qu’a le grand public de la terri­fiante impé­ra­trice pirate Big Mom….
Ne vous mépre­nez pas, cette femme est indis­cu­ta­ble­ment une pirate, violente, expan­sion­niste et orga­ni­sée. Big Mom possède un réseau énorme qu’elle a noué grâce à un jeu d’al­liances stra­té­gique­ment orches­tré. Elle force ses enfants, fils comme filles, à se marier à de puis­santes familles de la pègre ou de la pira­te­rie afin d’étendre constam­ment sa sphère d’in­fluence. Chaque mariage est célé­bré comme il se doit par une « Tea Party », orgie bouli­mique cari­ca­tu­rale. D’après nos esti­ma­tions, Linlin aurait engen­dré entre 70 et 100 enfants, toutes races confon­dues. C’est ce qui rend l’équi­page des pirates de Big Mom si singu­lier et si puis­sant. Son titre de Yonkō est indis­cu­table.

Il y a donc peu d’es­poir de pouvoir libé­rer la popu­la­tion de Totto Land un jour…
C’est malheu­reu­se­ment pour le moment impos­sible. Les forces de la Marine ne sont tout simple­ment pas suffi­sam­ment puis­santes pour mener une guerre à l’Em­pire de Big Mom. Celui-ci est trop struc­turé, orga­nisé, armé et tech­no­lo­gique­ment avancé pour tenter une approche fron­tale. Aussi insup­por­table que cela nous semble, il n’est rien que nous puis­sions faire pour les habi­tants de Totto Land à l’heure actuelle.

C’est une pers­pec­tive peu réjouis­san­te…
Je vous comprends. Pour­tant, c’est dans ces moments de doute sur nous-même que nous, êtres humains conscients, citoyens du Monde Libre, devons croire encore davan­tage en nos insti­tu­tions. Il appar­tient à chacun d’entre nous de défendre ce que les géné­ra­tions précé­dentes ont conquis si dure­ment et si chère­ment : notre liberté, et plus impor­tant encore, notre sécu­rité. S’il devait exis­ter une utopie en ce monde, ce serait bien le parte­na­riat sans cesse renou­velé de plus de 170 Nations qui, ensemble, ont décidé de se ranger sous un même drapeau, celui de notre Gouver­ne­ment Mondial. Car, sans lui, nous pour­rions tous et toutes vivre sous le joug de sangui­naires pira­tes…

Eibes Peter est journaliste spécialiste des questions de défense et de stratégie au sein du GrandLine Times depuis 1515. Il a notamment servi comme correspondant militaire pendant les guerres du Royaume Shikkearu, de Centaurea et de Sarayev. Il a reçu plusieurs prix comme le prix Kalache-Nikov en 1517, le prix Zephyr (pour les articles militaires) ainsi que le prix Thompson-Colt (pour ses interviews). Il aura été le correspondant privilégié du GrandLine Times pendant la terrible Guerre du Sommet en 1522.

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