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De quelle Justice parle-t-on ?

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C’est à sa demande que le GrandLine Times offre une tribune libre au philo­sophe et socio­logue Henri-Bernard Vel, ce dernier ayant vive­ment souhaité réagir suite à notre chro­nique du livre de Cardos Maltar, « Impel Down vu de l’in­té­rieur ».

Le bouquin de Cardos Maltar, chro­niqué dans le numéro 5526 du GrandLine Times, n’est qu’une des nombreuses formes prise par un mouve­ment odieux qui prétend redé­fi­nir le concept même de justice en donnant, comble de l’ou­tre­cui­dance, des leçons au Gouver­ne­ment Mondial. Ce type de courant infecte ne reste­rait que le projet sinistre de quelques anar­chistes si des quoti­diens à large tirage tel que le GrandLine Times ne se faisaient régu­liè­re­ment écho de telles intoxi­ca­tions morales.

Que l’on me permette, avant de déve­lop­per plus en avant mon propos, de poser quelques ques­tions. Est-il normal pour un village, une ville, un Royaume, de devoir constam­ment former ses hommes à l’art sinistre de la guerre ? Est-il normal de vivre dans la peur perma­nente de se faire attaquer, piller, souiller à tout moment? Est-il normal qu’une mino­rité de détes­tables racailles vienne conti­nuel­le­ment empoi­son­ner la vie de peuples ne deman­dant rien de plus que de vivre en paix ?

Les réponses à de telles ques­tions devraient appa­raître clai­re­ment à tout Homme doté d’un mini­mum de raison. Or, cette raison se voit chaque jour heur­tée par des propos nauséa­bonds se répan­dant de manière insi­dieuse et perfide jusque dans les pages des jour­naux à priori les plus respec­tables.

Le bouquin de Cardos Maltar, assas­sin de son état (le GrandLine Times n’a semble-t-il pas jugé néces­saire de déve­lop­per ce point plus en avant), soulève ici ou là quelques commen­taires indi­gnés. L’on torture à Impel Down ? Et l’on s’en choque ? Lorsque, pour ne prendre qu’un exemple, la clique de Barto­lo­méo, être abject s’il en est, se met en tête d’éli­mi­ner de façon conscien­cieuse la popu­la­tion entière d’un village de GrandLine, devrait-on se conten­ter de lui adres­ser quelques répri­mandes ? Une tribu d’ani­maux sauvages telle que celle du tris­te­ment célèbre Barto Club emmené par Barto­lo­méo ne mérite pas mieux que d’être tortu­rée à son tour.

Que l’on ne se méprenne pas quand à mes propos. Huma­niste, la défense de la vie humaine est pour moi la plus noble des causes et le recours à la torture m’est, mais devrais-je encore l’af­fir­mer, pénible. Le terme huma­niste se carac­té­rise toute­fois par une philo­so­phie tour­née vers les êtres humains, et le fétide Barto­lo­méo ne peut raison­na­ble­ment plus faire partie de cette caté­go­rie. Comme tant d’autres de ses congé­nères, il a fait le choix de deve­nir un assas­sin en puis­sance, un lamen­table cancer dans les poumons du monde.

Un autre exemple est celui du reve­nant Monkey D. Luffy, le « pirate révo­lu­tion­naire ». Regar­dez-le, entend-on ici, cet homme n’a jamais tué personne! La chose est évidente, publie-t-on là, tous les pirates ne sont pas mauvais ! Une fois de plus, l’homme de raison tremble et s’in­ter­roge. Comment peut-on en arri­ver à défendre l’in­dé­fen­dable ?

Nous touchons ici à une tech­nique vile mais terri­ble­ment effi­cace mise en place depuis long­temps par les révo­lu­tion­naires : atti­rer la sympa­thie du grand public en mettant en avant des hommes à l’image moins néga­tive, qui se char­ge­ront de commettre des actes diri­gés unique­ment contre les insti­tu­tions en place – insti­tu­tions montrées comme mauvaises, il va sans dire. L’on ne s’en pren­dra donc plus à des popu­la­tions civiles, mais à des symboles, comme Enies Lobby ou la Noblesse Mondiale.

Nombreuses sont les rumeurs et légendes à propos de la Noblesse Mondiale (la plupart évidem­ment infon­dées, mais la rumeur n’a pas besoin de se véri­fier pour effec­tuer son labeur) : celle-ci serait violente, l’ar­chi­pel Sabaody étant le théâtre quoti­dien d’exé­cu­tions sommaires. Une fois de plus, mani­pu­ler les faits produit l’ef­fet désiré, et il est évident qu’un juge­ment néga­tif envers la Noblesse Mondiale entraî­nera incons­ciem­ment le même type de juge­ment envers l’or­ga­ni­sa­tion dont elle fait partie, à savoir le Gouver­ne­ment.

Or, qu’en est-il des faits, si chers à l’homme de raison ? Pour avoir visité l’ar­chi­pel Sabaody, l’on constate très vite qu’il est infesté de la pire des popu­la­tions, à savoir les pirates souhai­tant se rendre dans le Nouveau Monde. Ce que les propa­gan­distes appellent « exécu­tions sommaires » appa­raît alors comme le plus simple et noble acte de légi­time défense. Et, face à des groupes d’as­sas­sins sans foi ni loi, il n’existe tout simple­ment pas d’autres moyens que la force.

Au fond, de quelle Justice parle-t-on ? Si nous vivions dans le monde idéal vanté par Cardos Maltar et autres paci­fistes, je n’au­rais d’autre choix que de joindre leurs rangs. La triste réalité de la violence quoti­dienne me pousse cepen­dant à regar­der notre planète avec les yeux de la luci­dité, et d’ac­cep­ter le fait qu’à crimes excep­tion­nels, mesures excep­tion­nelles.

Et, me permet­trai-je de conclure, un philo­sophe tel que moi n’a, de façon éton­nante, jamais eu à craindre d’être envoyé à Impel Down.

Agrégé de philosophie, écrivain, sociologue, activiste. Il fonde la revue « La Règle », et est dans le même temps éditorialiste au magazine « Le poing » dès 1515 puis devient, 3 ans plus tard, Conseiller Spécial en Piraterie au sein du Gouvernement Mondial. Depuis son premier voyage sur GrandLine, il n’a cessé de mettre son énergie, son courage, au service des causes qu’il estime justes. Henri-Bernard Vel est de tous les combats pour la dignité de l’être humain, et il maintient la tradition des écrivains engagés dans l’action et les idées.

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