Safari

Safa­ris en mer : halte aux « compor­te­ments débiles »

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Les annonces se suivent et se ressemblent tris­te­ment. Hier, c’est un nouveau groupe de touristes de six personnes qui a péri alors qu’ils tentaient de prendre en photo des Rois des Mers. Une situa­tion provoquant un déses­poir gran­dis­sant parmi les patrouilleurs de la Marine qui évoquent une recru­des­cence de « compor­te­ments complè­te­ment débiles ».

Le but est toujours le même : défier sa propre peur et tenter de photo­gra­phier ces monstres marins gigan­tesques. Le busi­ness du ‘Safari des Rois des Mers’ est floris­sant, si bien que de nombreuses agences plus ou moins légales se spécia­lisent dans ce « sport » dange­reu­se­ment en vogue. Malgré les aver­tis­se­ments répé­tés des auto­ri­tés mondiales qui rappellent inlas­sa­ble­ment que les Rois des Mers ne sont pas de simples girafes, il se trouve toujours des coura­geux ou des témé­raires – bref, des abru­tis notoires – pour navi­guer à la lisière de Calm Belt afin de « taqui­ner de la pois­caille », comme ils le disent souvent. Qu’on juge plutôt du résul­tat.

Hier, un groupe de six touristes a été porté disparu, ce qui porte à trente-deux le total des victimes ces deux derniers mois. «  La logique et le bon sens voudraient pour­tant qu’on ne s’ap­proche pas d’ani­maux marins pouvant aisé­ment dépas­ser les dix mètres de haut » dénonce, visi­ble­ment irrité, Luccal Font, Capi­taine au sein de la Marine. « Mais les touristes sont de plus en plus débiles ! Résul­tat, on doit prendre de plus en plus de risques pour tenter de les secou­rir !  »

Déjà, le Gouver­ne­ment Mondial a fait mettre à l’amende plusieurs agences de voyages qui propo­saient ce type d’ex­cur­sions honteu­se­ment risquées. Une aubaine, malheu­reu­se­ment, pour le marché noir qui se déve­loppe sur l’ar­chi­pel Sabaody ou l’île Kyuka, pour ne citer que les plus connues. La ques­tion se pose désor­mais : quel message de préven­tion faire passer (et comment le faire passer) à ce genre de personnes qui coûtent cher à la collec­ti­vité et qui ne sont, on l’ima­gine, pas lecteurs de nos jour­naux ?

Vous qui lisez ces lignes, lancez donc un appel aux quelques débiles qui vous entourent ! Expliquez-leur que si la Marine elle-même consi­dère les Rois des Mers comme un danger réel sur les mers, ils n’au­ront abso­lu­ment aucune chance de les prendre en photo sans se faire bouf­fer. Pensez-y.

Originaire de South Blue, Carol Frip obtient un doctorat en sciences politiques. Elle se voit décerner le prix Goucon en 1517 pour son livre Le dessous des Révolutionnaires, écrit après un séjour clandestin à Centaurea pour rencontrer rebelles, soldats, et civils en se fondant dans la population locale. Ces cinq dernières années, elle a passé son temps à arpenter, en toute indépendance, ces pays en guerre où l'on ne donne pas la parole aux populations sur place. Après avoir été correspondante à Alubarna pour le Sandy Post, elle rejoint le GrandLine Times en avril 1521.